C'est nouveau : désormais fini les élections ! On ne vous cassera plus les pieds à vous demander votre avis - ou plus précisément votre voix - pour atteindre les plus hautes sphères de l'état. C'est dépassé, ringard, couteux, voyez plutôt :

Année de l'élection

1981

1988

1995

2002

2007

2012

Coût global (en millions d'euros)

47,6

114,4

133,5

200,5

233

227,9

Source http://www.conseil-constitutionnel.fr et http://www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGA/Elections/PAM-06-011-01-Les-depenses-electorales (Pour les kinés je ne vous rappelle pas les 280 euros de cotisation annuelle...)

Autant dire plusieurs millions d’euros pour des mensonges. Il est essentiel, justifient les politiciens, que vous soyez informés des promesses qu’ils ne tiendront pas! La dématérialisation de l'organisation des élections en supprimant l'envoi des professions de foi par la poste au profit d'internet aurait permis d'économiser plus de 130 millions d'euros aux dernières élections. Mais ce projet vient d'être refusé par les députés ! Pour quelle raison ? Eh bien ils ne l’expliquent pas eux même. Ils disent  que c’est indispensable mais cela ne dit pas en quoi … On peut constater le refus de tout changement en vue de faire des économies de la part de nos politiciens, alors cessons de geindre et supprimons les. Il y a une solution : on recommence avec une démocratie 2.0 :

Pour être président,  passez le concours pour la présidence de la république !

Ministres, députés, sénateurs, maires ou conseiller régional, passez également par la case concours. C'est ouvert à tout le monde !  (Voir conditions d'inscription ici et salaire ).

Fini les mensonges électoralistes. Le candidat-président n'aura plus à faire de promesses, ni à les tenir. Il n'aura qu'à prendre les mesures utiles (au pays, pas à ses petits copains) sans se demander si les mesures sont de droites ou de  gauche et être retenu pendant un certain temps par son programme électoral avant de changer de cap par nécessité. Faut-il rappeler les revirements de F. Mitterrand ? Ou encore de F. Hollande ? Ou du maire de mon village ?

Ah les démocraties en panne d'inventivité ! Mais non, mais non. C'est juste que nos politiciens n'ont pas envie qu'on les mette dehors en changeant un système qui les enrichit si bien. Alors ils ont proposé récemment de rendre obligatoire le "devoir" électoral. Quel devoir ? Celui de légitimer leur pouvoir ? Les élections leur donneraient le pouvoir de profiter de vos impôts peut être ? Et le taux d’abstention les délégitime ?

L’abstentionnisme est le premier parti politique français. Est-ce par désintéressement de la vie politique ? C'est une réponse si commode.

Pourquoi organiser un concours à la place d’une élection ?

Cela rajeunirait les équipes au pouvoir et réduirait en conséquence les tricheries liées aux relations délétères qui se créent au cours d’une vie politique longue. (Si tu votes pour moi, je t’offre un p’tit cadeau genre sortie de procès pour tes magouilles, je connais bien tel magistrat je l’ai aidé aussi il y a quelques années, il m’est redevable…). Ces carnets d’adresses bien remplis d’amis redevables ne sont possibles que dans des carrières longues dans le milieu.

Cela éliminerait les enjeux de pouvoir, la corruption, la triche électorale, les pressions subies par les élus par les lobbies de toutes sortes, le chantage au vote. Les pays occidentaux sont paralysés par leurs élections. Rien ne se fait, rien ne se décide de peur de fâcher une partie des suffrages.

Ce serait une économie en terme d’organisation. L’éducation nationale et les universités savent organiser des concours par QCM, dont la correction est faite par un ordinateur. Oui, les médecins qui vous soignent sont triés ainsi. Cela vous choque ?

Les matières au programme du concours seront disponibles gratuitement sur Internet. Le concours sera lui aussi en ligne et ne nécessitera pas le déplacement des candidats. L’organisation et la correction des épreuves sera financée par les candidats eux-mêmes, pas par les contribuables. Le coût d’inscription sera une somme très modique, accessible à toutes les bourses pour garantir une vraie ouverture citoyenne (inférieur à 100 euros).

Abstenez vous de voter : C’est excellent pour la démocratie de rappeler aux élus qu’ils ne sont en place que par ce qu’on le veut bien. Or ils ne respectent pas les règles du jeu. Ne sentez vous pas une certaine nervosité dés qu’il est question de toucher à un système « éprouvé » ? On va me rétorquer que l’on peut voter blanc. Voter blanc veut dire que personne n’est à votre convenance. Ce qui signifie également que vous tenez compte d’eux. Qui parle donc des votes blancs dans les résultats d’un scrutin ? Personne. Par contre, oublier ces candidats en ne votant pas du tout, les gêne beaucoup plus.

Ces hommes politiques attendent de l’électorat qu’il passe du temps à les écouter pour s’impliquer dans la vie de la société, alors que c’est juste pour vous entretenir dans l’illusion d’être acteur. Pourquoi personne n’a jamais imaginé de faire bosser sur papier les personnes clefs d’une démocratie, au lieu de les faire élire ? Appréciez le gain de temps, si notre futur président était trié par un concours avec une note extraite d’un jury, composé par un ordinateur, corrigeant des épreuves en moins de trois secondes.

Il y a un inconvénient : souvent, des personnes sont compétentes dans leur domaine, et ne savent pas s’exprimer, alors que d’autres, totalement incompétentes, sont pourtant très bien perçues en public. C’est bien un problème donc : on est représentés par des élus qui n’ont pour unique habileté que d’embobiner tout le monde sur du vide. Un ministre actuellement n’est ni un gestionnaire, ni un financier, ni un mathématicien, encore moins un scientifique. On élit malheureusement un politicien sur sa façon de s’exprimer, pas sur ses compétences puisque par définition on ne les verra qu’à posteriori….

Leur formation est essentiellement tournée vers la communication. Quelles connaissances techniques palpables contiennent les « sciences » politiques? Si on regarde de près le programme de leurs études, un seul élément ressort nettement : c’est d’apprendre à tenir un raisonnement rigoureux et simple, pour être compris par les masses. Il ne s’agit pas pour eux d’agir, mais d’être compris ! On forme des érudits qui savent s’exprimer et manipuler. Et encore ils ne sont pas à l’abri des bourdes.

Allons jeter un coup d’œil sur le site officiel d’une prestigieuse école politique :

 « Qu’est-ce que la science politique ? L’étude de ces questions a longtemps été du domaine exclusif de la philosophie […] Aujourd’hui, elle  prend appui sur des  traditions », y lit-on.

 Une science c’est tout le contraire d’une tradition, je me permets de vous le faire remarquer.

« Elle fonde sa réflexion sur une base empirique », lit on encore. Alors ce n’est pas scientifique donc ! C’est curieux pour une si grande école qui s’intitule « Science Po »?! Voici le programme de la première année : 

 « Initiation aux technologies de la communication et de l’information ». Fi des approfondissements.

Après avoir fait des initiations on fait aussi des introductions : « Introduction à l’Analyse politique, introduction aux sciences sociales ». On introduit beaucoup.

La deuxième année… Voyons si nous approfondissons cette fois ? « Formation des opinions et du jugement politique ». Là on gagne le pompon. Comprenez-vous ce que veux dire cet intitulé ? Cela veut dire que l’on forme votre opinion. Vous pensez de telle manière car on a induit cela dans votre culture par les média et l’éducation « républicaine ». Rappelez-vous les manuels de sixième de votre enfant. Il y est écrit « voter est un devoir civique ». On vous forme dès le plus jeune âge à penser qu’il faut voter ! Qui a fait le programme des manuels scolaires d’histoire ? Un historien ou un politicien ? Qui détient les moyens financiers des journaux et chaînes télévisées ? Des personnes dont le gouvernement contrôle la couleur politique.

Les politiciens sont souvent issus de l’ENA, qui est un concours, certes. Mais moi je vous parle d’épreuves portant sur des matières scientifiques et utilisant une correction neutre par un PC. Voyons le concours d’entrée à l’ENA :

La question de 2012 était : « Faut-il avoir peur des réseaux sociaux ? ».Est-ce qu’un seul des candidats connaissait seulement l’administration d’un système réseau ? Une table de routage ? Un protocole Ipv6 ? On ne leur demandait pas cela du tout. C’était une question d’ordre général sur la liberté d’expression qui était posée ici. Et un gouvernement peut avoir toutes les peurs possibles quand ses futurs éléments sont sélectionnés sur de telles lacunes.

 « Sociologie des langages du politique ». Toujours apprendre à parler…Il est certain que c’est passionnant, seulement, c’est juste de la culture. Voici le pire : « Comment sont produites les opinions : nouvelles approches cognitives et évolutionnistes ». Rappelez-vous un exemple particulièrement douloureux de manipulation de l’opinion, pour illustrer dans quelle « démocratie » nous vivons.

 En pleine crise financière mondiale, pourquoi et avec quelle bénédiction du public pensez-vous donc que l’Occident soit parti faire la guerre à la Lybie ??? Je vous cite Robert Charvin, doyen de la faculté de Nice Sophia Antipolis. « Comment un petit peuple du tiers-monde (à peine six millions et demi d’habitants !), pouvait-il constituer une menace pour notre civilisation ? ». En occupant les esprits des catégories sociales fragilisées par la crise sur un objet extérieur, cette guerre constituait un agrégant interne. Ce ne sont pas les attentats qui menaçaient l’Occident, mais au contraire la capacité de leur dirigeant à fédérer une puissance économique arabo-africaine en mettant un terme à son morcellement. Imaginez-vous que les Etats africains s’unissent ? Ils ont toutes les richesses minières que nous n’avons pas et que nous exploitons à leurs dépens.

L’équipe de campagne électorale avait en tête qu’une victoire sur Kadhafi mettait le public français en bonne disposition d’esprit pour une réélection du président sortant. Ils ont fait passer pour un imbécile un chercheur universitaire.

Vous me voyez venir gros comme une maison avec une de ces théories du complot où les médias, l'armée, le gouvernement, les sociétés transnationales, les institutions financières sont tous dirigés par une puissance unique qui tire les ficelles. Comme si nous avions affaire à un ordre mondial sous la gouvernance d'extraterrestres.

 Non, rassurez vous, nous ne sommes pas dans cette mouvance d’illuminés psychiatriques, mais imaginez-vous un pays africain qui, pour préserver les intérêts de ses citoyens, enverrait des militaires en Belgique parce que son conflit Flamand-Wallon pourrait s’étendre à la mégapole Lilloise, en France, où vivent un certain nombre d’Africains ?! C’est pourtant ce que fait notre gouvernement au Mali pour préserver d’une extension du conflit vers le Niger et ses mines d’uranium françaises. Je ne dis pas que l’enjeu n’est pas de taille, mais les moyens de le résoudre sont particulièrement incroyables. Et il y a une autre solution d’ailleurs : au lieu de faire payer au contribuable français l’installation d’un contingent militaire là bas, il serait plus simple de faire payer au consommateur français le prix juste de l’uranium extrait de ces sols. Au lieu d’exploiter les mineurs de ces pays, cela induirait une richesse sur place. Nous perpétuons la pauvreté, et nous payons ce phénomène par un afflux de migrants.

Ne cherchez pas de notion de révolution ou d’anarchie du tout. Au contraire nous voulons absolument une transition en douceur, sans heurt, bien organisée. Elle est là, prête à l’emploi. Un petit concours pour la présidence. Pas une conspiration sanglante ou un complot.

Comment dans cette hypothèse s’exprime l’opinion publique ? Et si la population n’est pas d’accord avec son président ?

Avec des élections, la moitié des électeurs désapprouve le président élu. Et une fois en place un gouvernement n’est pas obligé de tenir ses promesses. Ah ce qu’on se sent bête d’avoir voté pour un guignol... Avez-vous réellement rempli votre devoir civique ?

Pourquoi est-ce un problème de supprimer le système de recrutement des gouvernants ? La réponse est que je vais me faire plastiquer ma voiture. 

L'auteur de ce blog est écrivain et a aussi publié une fiction politique "T2A" disponible en livre électronique sur http://www.amazon.fr/T2A-Catherine-Marcincal-ebook/dp/B014N3KKJA